Roulez jeunesse!

Relégués pour un tout petit point en Nationale 1 la saison dernière, les Girondins Handball se (re)construisent patiemment en s’appuyant sur leur centre de formation. Les jeunes ont pris les clefs du camion.

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Un petit point. C’est ce à quoi s’est jouée la saison dernière la place des Girondins en Deuxième Division. Les Bordelais sont donc repartis en Nationale 1 après une relégation « douloureuse » aux dires de Loïc Cambérou. « Cette descente a été dure pour tout le monde et il y a eu une remise en cause globale, tant au niveau des dirigeants qu’au niveau des joueurs » explique l’entraîneur adjoint, également responsable du centre de formation. Résultats des courses, sept éléments ont quitté le club pour… aucune arrivée. « C’est un choix délibéré » justifie Geoffrey Cassagne, le coach de l’équipe première. Ainsi, tous les départs ont été compensés par la promotion de jeunes joueurs issus du centre de formation.

110 000 euros par an

Encore une fois, le club du président Guégan a donc fait le pari de la jeunesse en s’appuyant sur son centre de formation. Initié en 2001, le centre représente un investissement annuel considérable, 110 000 euros, soit plus d’un quart du budget du club. « Il est vital de rentabiliser la formation » justifie Geoffrey Cassagne. Après s’être occupé de la structure, le technicien a pris les rênes de l’équipe première avec Loïc Cambérou à l’aube de la saison 2005/06. Il symbolise parfaitement la volonté des dirigeants de s’inscrire dans la durée. « Le centre de formation est le garant d’une certaine stabilité dans laquelle le club doit s’inscrire. Nous commençons à être reconnus et attractifs. Nous bénéficions d’un certain rayonnement. D’ailleurs, le fait que Loïc et moi soyons en charge de l’équipe première est un signe qui ne trompe pas ».

«Amener nos jeunes à un certain niveau »

Autre signe qui ne trompe pas, les résultats. Alors que le championnat va faire relâche pendant deux mois, Mondiaux féminins obligent, les Bordelais sont troisièmes à un petit point du leader Nanterre. « Le bilan est bon, on ne s’attendait pas à commencer aussi bien le championnat » sourit Loïc Cambérou. « Il y a une petite fenêtre cette année mais l’objectif reste le haut de tableau. Il ne faut pas se voiler la face, la montée sera compliquée, il n’y aura qu’un élu en fin de saison. Il est également important d’amener nos jeunes à un certain niveau» poursuit Geoffrey Cassagne.

« Recréer un club »

Le discours a beau être ambitieux, il n’en reste pas moins mesuré. Chat échaudé craint l’eau froide a-t-on coutume de dire. Le dicton prend toute sa valeur quand on jette un coup d’œil sur l’histoire récente des Girondins. Club phare du handball hexagonal au début des années 90 avec notamment une victoire en Coupe de France en 1990 et deux belles épopées en Coupe d’Europe, les Girondins ont vu défilé des joueurs du calibre de Boro Golic ou encore Marc Wiltberger (148 sélections en équipe de France) et ont fréquenté la Première Division jusqu’en 2002. Depuis, l’heure est à la reconstruction et l’arrivée de Geoffrey Cassagne a considérablement changé la donne. « Depuis que Geoffrey est là, beaucoup de choses ont bougé. Plus que de créer une équipe, on sent une volonté de recréer un club en incorporant les jeunes » considère Mathieu Reynaud. A seulement 24 ans, le gardien de but sait de quoi il parle et fait figure de cadre avec ses quatre années passées au club. « Nous avons perdu des éléments d’expérience, l’équipe est jeune. On sent un engouement avec la création d’un groupe de supporters, les Girondins Hand’Bar Club ».La jeunesse, l’envie, la fougue, tels sont les atouts cette saison des hommes de Cassagne. « Nous formons un vrai groupe, l’homogénéité est assurément l’une de nos forces » poursuit Mathieu Reynaud.

Le précédent Fernandez

Mais, aussi jeune soit-il, le groupe ne fait pas preuve pour autant d’insouciance. Au contraire, la jeunesse bordelaise assume, à l’image de Nicolas Jurczak. « Il y a beaucoup de pression et ce n’est pas sans conséquence pour nous. Nous devons prendre nos responsabilités en nous investissant à fond, c’est très gratifiant » estime, du haut de ses 19 ans l’ailier droit. Place aux jeunes donc du côté des Girondins. « Nous nous basons sur des joueurs du cru, il y a un bon vivier dans la région sur lequel il faut s’appuyer » conclut Loïc Cambérou. Histoire sans doute de ne pas revivre l’épisode Jérôme Fernandez. Lassé de ne pas bénéficier d’un temps de jeu conséquent, le natif de Cenon avait quitté les Girondins en 1997 pour Toulouse à seulement 20 ans. L’arrière est depuis devenu l’un des meilleurs joueurs de la planète…

Jonathan Lange

Le Site internet des Girondins Handball 

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