Rive droite de Bordeaux : en progrès!

Le point sur l’image de la Rive droite de la future métropole. Elle est partie de loin avec pour réputation « la Rive droite, c’est la cité » ou encore « c’est le Bronx » et elle a bien meilleure presse aujourd’hui. Rencontre avec les médias qui couvrent le territoire : l’Echo des collines, O2 radio, Sud Ouest, Courrier de Gironde, Aqui.fr et le blog « J’aime la Rive droite ».

Pont de pierre-Bordeaux

Vue sur la Rive droite de Bordeaux et sur le pont de Pierre, qui était avant l’ouverture du pont Chaban en 2013, l’unique pont pour aller sur la Rive droite à pied.

La Rive droite de Bordeaux est en pleine mutation. Elle a changé. Elle va changer encore. Elle attire de plus en plus. Les Bordelais traversent petit à petit la Garonne et s’aventurent sur l’autre rive.

Le tram, le pont Chaban Delmas, le futur pont Jean Jacques Bosc, le Rocher de Palmer, la future salle de spectacle à Floirac, le parc des coteaux avec ses 400 hectares de verdure, la biennale Panoramas… Un rééquilibre entre Rive droite et Rive gauche ?

JOËL AUBERT, CITOYEN DE LA RIVE DROITE

Joël Aubert, créateur et directeur d'Aqui.fr

Joël Aubert, ancien directeur de Sud ouest et créateur d’Aqui.fr

L’image de la Rive droite et la rénovation urbaine passent par la culture, d’après Joël Aubert. Un vrai renversement d’image a été possible grâce à la création du Grand Projet des Villes, l’opération de renouvellement urbain la plus importante de France (sur Bassens, Lormont, Cenon et Floirac) et à la politique publique intelligente au niveau de la culture.

« La richesse et la diversité culturelle de la Rive droite me frappe : médiathèques, Rocher de Palmer, qui témoigne d’une extraordinaire fréquentation. La culture est synonyme de progrès, de vivre ensemble et d’évolution des mentalités. Elle participe à la bonne image de la Rive droite ». Fait-elle déplacer les foules ? A cet égard, l’arrivée du tram a été fondamentale. « On est sorti du quartier de l’exclusion et de l’autre côté du fleuve. Le tram a permis la circulation. Les Bordelais viennent sur la Rive droite notamment pour se cultiver ».

UGO AMEZ, LE JOURNALISTE QUI A OUVERT LES YEUX SUR LE TERRITOIRE

Ugo Amez, journaliste-rédacteur pour Courrier de Gironde

Ugo Amez, journaliste-rédacteur pour Courrier de Gironde

« Je suis bordelais de la Rive gauche, déclare Ugo Amez, et il y a 15 ans, mes copains qui habitaient Rive Droite, on se foutait de leur gueule !

Puis j’ai travaillé à l’Echo des collines, qui m’a fait découvrir le territoire, que j’ai apprécié : la nature, la mixité, le foisonnement d’idées.

Il y a 5 ans, il jouissait toujours d’une mauvaise réputation. Petit à petit ça change, les gens vont au Rocher de Palmer. Au Rocher, pas plus loin. Mais c’est un premier pas. La Garonne a été une première frontière à passer et maintenant il faut faire découvrir les coteaux, ce qui est peut être plus compliqué … »

JACQUES BRUNET ET MARIE CLAIRE TRAVERSE : ATTACHÉS À LEUR TERRITOIRE

Jacques Brunet et Marie Claire Traverse, de l'Echo des collines

Marie Claire Traverse, vice-présidente de l’association l’Autre Rive- éditrice du mensuel l’Echo des collines- et Jacques Brunet, secrétaire ont tous deux participé à la création du mensuel en 1998.

« Rive droite, il y a de l’innovation, l’envie d’y faire des choses » déclare Jacques Brunet, membre comité de rédaction de l’Echo des collines. Pour illustrer son propos, il pointe l’espace Darwin-Niel. Il cite ensuite les propos d’Etienne Parin, directeur du Grand Projet des Villes (GPV) qui pense que « le centre de Bordeaux devrait peu à peu passer Rive droite ».

Il y a un rééquilibre. Les logements ne sont pas encore trop chers sur cette rive. Les bobos arrivent, étonnés, en ne pensant pas que de l’autre coté de l’eau, ça puisse être chouette.

Marie Claire Traverse estime que le mensuel a contribué à lutter contre les préjugés. A ses débuts, il y a 16 ans, l’Echo enquêtait sur les articles qui donnaient mauvaise réputation à la Rive Droite. Souvent, l’incident se révélait exagéré et le journal publiait un contre article.

L’Echo des collines est né comme ça. Du trop plein de stéréotypes sur la Rive droite. De l’envie de donner « une image juste de ce territoire mal connu » lit-on sur la première page.  Par exemple, contrairement à ce qu’on pourrait croire, le taux de délinquance et de criminalité est plus fort au centre de Bordeaux que sur la Rive droite.

Pendant les premières années, ces deux bénévoles du mensuel de la Rive droite n’ont pas vu beaucoup changer l’image du territoire. L’amélioration a commencé depuis la création du GPV, « il y a eu des efforts au niveau des manifestions et de la communication ».

Malheureusement, certains secteurs restent à l’abandon ; la Benauge, un quartier de Bordeaux isolé par la voie ferrée, le bas de Floirac, les communes de campagne éloignées de Bordeaux … Pour promouvoir ces petites communes « il faudrait y créer des événements, comme Panoramas », glisse Jacques Brunet qui trouve que « le patrimoine y est formidable »

JOËL GUTTMAN, D’O2 RADIO

 Joël Guttman, responsable du journal et de la grille de programmes d'O2 Radio

Joël Guttman, responsable du journal et de la grille de programmes d’O2 radio

« On est pour la plupart de la Rive droite, on habite ici. On est convaincu de son dynamisme culturel et par tout ce qui ce passe ici. La radio permet de le valoriser », raconte Joël Guttman.

O2 Radio ou Hauts de Radio, la radio des Hauts de Garonne est née à l’initiative de jeunes de Floirac. Ces rivedroitiens voulaient créer un média alternatif pour valoriser ce qui se passait en banlieue. Ils sont servis : le Rocher, la future salle de spectacle en bas de Floirac : « ce sera un secteur qui va bouger », les futures Cascades de Lormont, le festival des Hauts de Garonne, les manifestations sportives…

Pourtant Joël regrette certaines choses comme l’augmentation des prix des loyers à cause des rénovations. Il espère également que la salle de spectacle à Floirac, qui pourra accueillir jusqu’a 10000 personnes, soit bien conçue et ne gène pas les riverains.

HUGUES DE DOMINGO, ANIMATEUR DU BLOG « J’AIME LA RIVE DROITE »

HUGUES DE DOMINGO, ANIMATEUR DU BLOG « J’AIME LA RIVE DROITE »

Hugues de Domingo, animateur du blog J’aime la Rive droite et chargé de mission au GPV.

« La stratégie pour promouvoir le territoire, c’était revendiquer y appartenir », révèle Hugues de Domingo, l’animateur du blog J’aime la Rive droite

En 2008, Claire Thiriet, chargée de communication du GPV a conduit un travail sur l’image du territoire. Sont ciblés les habitants de la Rive droite mais aussi ceux qui vivent en dehors. On sonde les gens sur leurs perceptions : pourquoi aiment-ils la Rive droite, ou pas ? Pourquoi y viendraient-ils, pourquoi n’y viendraient-ils surtout pas ?

Ressort de cette étude la certitude que le territoire souffre d’un déficit d’image extrêmement fort. Les arguments avancés ne correspondent pas à la réalité. Le cliché fort qui circule notamment c’est : « la rive droite c’est les cités ». C’est bétonné, c’est les cités dortoirs, il n’y a plus rien après la Bastide…

Une première tentative de travail sur l’image de territoire avait été de rebaptiser la Rive droite en Hauts de Garonne. Après l’étude de 2008, au contraire : il faut s’affirmer de la Rive droite !

« J’aime la rive droite », la campagne de communication de 2009, affirme l’attachement au territoire. Un label est créé pour l’occasion, il peut être repris par n’importe qui pour communiquer sur le territoire. Et aimer la Rive droite, ça devient cool !

Sur facebook, dévoile Hugues, la bonne idée a été de se positionner comme un habitant du territoire qui fait partager ses bons plans. Une stratégie réfléchie du GPV qui marche très bien côté Rive droite.

Le blog, la page facebook, le compte twitter : c’est un journal des bonnes nouvelles, seules les initiatives positives y sont valorisées. « L’idée n’est pas de nier ou de cacher les difficultés, mais de montrer que les acteurs de ce territoire (…) agissent au quotidien pour que la Rive Droite (re)gagne le cœur de la métropole bordelaise et que les personnes qui y vivent et y travaillent, s’y sentent bien et puissent construire leur avenir » lit-on sur le blog.

« C’est de la communication par la preuve, explique Hugues. Nous montrons que des initiatives comme la biennale Panoramas existent ici et que la mauvaise perception du territoire n’est pas fondée ».

La Rive droite bénéficie d’une remontée de l’image du territoire évidente du fait du travail des mairies ces dernières années… Mais le travail sur son image n’est pas fini : un nouveau sondage révèle que le premier critère pour venir habiter Rive droite, c’est « parce que c’est moins cher », et non parce que c’est mieux qu’ailleurs !

Pour finir sur du positif, Panoramas, les 27 et 28 septembre dernier, a permis de faire venir 5000 personnes dans un parc Rive droite. Dont, peut être, 2500 qui n’était jamais venues. C’est aussi de la communication indirecte. Peut être que les Bordelais qui s’y sont déplacés y reviendront un jour, délestés de leurs a priori ?

YANNICK DELNESTE, JOURNALISTE RIVE DROITE DEPUIS 7 ANS

Rive droite de Bordeaux

Yannick Delneste, journaliste à Sud-Ouest

Arrivé sur le secteur en 2007 « quand la rénovation urbaine devenait concrète ». Yannick Delneste, pensait arriver sur un secteur populaire, un quartier chaud avec des difficultés sociales. À la place, il a découvert un territoire qui bougeait beaucoup et dont l’image, très négative ne correspondait pas à la réalité.

Déjà, dans la rédaction de Sud Ouest, lors du changement de locaux du journal (la rédaction du Sud Ouest a déménagée du centre de Bordeaux à la Rive droite), les gens affolés, pensaient arriver « dans le Bronx ». Et encore aujourd’hui, quand un collègue remplace Yannick, il lui lance « oh je vais aller voir ta racaille » : pour rire, mais mine de rien, c’est un cliché qui persiste.

La Rive droite populaire, qui rame : c’est la vérité, tranche Yannick, mais dire que c’est le Bronx, là, c’est une image fausse. Le problème vient de loin, pendant 15 ou 20 ans, les Hauts de Garonne sont restés en friche et ont été délaissés économiquement. En 1997, la zone franche sur Bordeaux, Floirac, Cenon et Lormont à changée beaucoup de choses. Des bordelais sont venus installer leurs entreprises, ils ont découvert un territoire démystifié, avec des atouts comme le parc des coteaux, balcon vert de la Rive droite.

L’image a évoluée gentiment, pas au rythme de se qui se faisait. La création du Rocher de Palmer est aussi un événement. Implanté dans un quartier sensible depuis 2010, il attire du monde qui vient de toute l’agglomération. Musique de Nuit, l’association qui gère la programmation du bâtiment, lance des ponts entre Cenon et Bordeaux et en a fait un point fort culturel.

Si on se projette dans l’avenir, je suis persuadé que le pont Jean Jacques Bosc, conçu  comme un véritable espace public, sera un second miroir d’eau : un point où rester une demie journée, où admirer le panorama. Le quartier autour de ce pont-esplanade, avec la grande salle de spectacle de Floirac va devenir important.

Côté Bastide-Niel et Brazza : tout va se densifier. Ce sera un nouveau quartier de l’agglomération,  la rive gauche s’y déversera. Ce sera un nouveau Chartron- sans l’histoire- mais avec la même cote. Les loyers vont flamber ! Déjà les joggeurs se sont appropriés la boucle entre les ponts, bientôt le parc aux Angéliques sera fini…

« Et le bas Cenon est aussi un vrai symbole de la rénovation de la Rive droite, avec un changement très rapide depuis une dizaine d’années. Après la Bastide, tout le bas Cenon s’est boboïsé : il y a des architectes, des photographes, mes collègues qui y habitent »…

Chloé MORMIN

One Comment
  1. Cet article est intéressant, donne un état des lieux assez complet de la rive droite…mais, pardonnez moi, je suis choquée par les (grosses) fautes d’orthographes ! et le style qui aurait gagné à être plus soigné : il me semble que ce sont des paramètres non négligeables dans la qualité d’un article ! j’écris cela non pour vous accabler mais plutôt pour vous aider à avancer…il n’y a pas que les compliments qui font progresser…
    Edith –

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