Maman, sculpte moi un mouton

A l’Ateul de Gaya, situé au coeur de Bordeaux, parents et enfants s’initient à la sculpture sur argile. Un instant  privilégié alliant douceur et création, qui renforce des liens déjà très forts.

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L’Ateul de Gaïa propose une activité à quatre mains autour de la sculpture sur argile. Photo AM

 

Arrivés dans l’atelier d’Agnès Gay, où se côtoient affiches d’exposition et sculptures, les enfants observent les lieux avec attention, et une pointe de timidité. Les « bonjour » et les sourires sont discrets. Les parents, eux, sont plus décontractés, ravis de partager un instant artistique avec leur progéniture « J’aime que ma fille fasse des activités. Mais le fait qu’on puisse le faire toutes les deux est quelque chose qui m’a plu » déclare Aude, maman de Naïs, huit ans.

L’important c’est de créer 

Les choses sérieuses commencent. Il faut plonger les petites et grandes mains dans l’argile. Pour Agnès Gay, travailler sur cette matière est une évidence « L’argile a été une révélation pour moi. Le travail est instinctif. J’ai trouvé un moyen d’expression que je pouvais divulguer en public ». Avant de commencer la manipulation, l’artiste donne de précieux conseils « C’est important de mouiller l’argile. Cela permet de mieux la manipuler ». Il faut l’avouer, les débuts ne sont pas évidents. Pour mettre tout le monde à l’aise, Agnès propose de commencer par une forme globale « Il ne faut pas chercher une idée trop vite. Elle vient lors de la manipulation. Il faut prendre le temps de faire connaissance avec la matière et développer son imaginaire ».

Développer l’imaginaire, le côté créatif des enfants et sensibiliser à la matière, c’est justement ce que recherche Agnès Gay. La création, qui est l’une des raisons qui a poussé les parents à s’inscrire avec leurs enfants. Virginie est venue accompagnée de son fils Baptiste âgé de huit ans, et ses deux filles, Manon, six ans, et Charlotte, bientôt trois ans « Ce qui m’a plu c’est de pouvoir développer la créativité des enfants, dans un atelier en plus ! J’ai voulu voir si ils étaient réceptifs ». Et visiblement, les enfants de Virginie l’ont été « J’ai tout aimé ! J’ai fait des montagnes, des arbres, et une rose géante ! » annonce avec enthousiasme Manon. Les enfants se prêtent au jeu, les parents aussi ! Corinne, la maman de Lou, s’applique pour réaliser sa sculpture, une femme se tenant debout. Elle travaille les formes de son « oeuvre » avec concentration. « On pourrait faire ça pendant des heures ! » dit-elle en souriant.

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Développer la créativité dans un lieu intime et professionnel motive les parents à s’inscrire avec leurs enfants. Photo AM

 

Du partage, de la curiosité et de l’amour

Car le temps passe vite. Chacun à son rythme fait, défait ses créations, aplatit l’argile, forme des boules… Durant l’activité, parents et enfants sont côte-à-côte. Ils observent leurs réalisations, se questionnent. Il y a de la curiosité, mais aussi de la tendresse et de la bienveillance. Les aînés épaulent les plus petits quand ils connaissent quelques difficultés, à l’image d’Aude, qui aide sa fille à travailler les rebords de sa corbeille à fruits. C’est quand il faut s’entraider que l’amour parental et filial se fait le plus ressentir. Des baisers sur le front, des compliments se font entendre dans l’atelier

Beaucoup de parents participent à cette activité car il n’y a pas de limite d’âge fixée « Cet atelier est l’un des seuls que je peux faire avec mes deux filles qui ont quatre ans et demi d’écart. C’est rare à Bordeaux » explique la maman de Malia et Plume. Agnès a tout de suite souhaité ne pas mettre de barrières vis-à-vis de l’âge « Je ne veux pas priver un enfant d’une opportunité sous prétexte qu’il est trop jeune. Le plus petit qui est venu avait un an et demi. Alors oui il a fait des petites boulettes tout au long de la séance, mais au moins il a pu toucher et était avec les autres ! ».

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Sculpture de la petite Plume, trois ans, réalisée avec l’aide de sa maman. Photo AM

 

La fin de l’atelier approche. Les tables sont à présent parsemées de petits personnages, animaux, et autres fleurs. Visiblement, la séance a été fructueuse « C’est du bon travail ! » lance Agnès avec énergie. Pour immortaliser ce moment de création, les sculptures sont prises en photo par les parents dans un mini studio photo improvisé. C’est l’occasion de faire perdurer ces quelques heures de douceur qui ont permis aux parents et aux enfants de se retrouver dans un cadre inhabituel. Puis, vient le moment le plus difficile de la séance : défaire ces oeuvres éphémères. Les enfants et les parents s’emparent une dernière fois de leurs créations, avant de former un gros bloc d’argile. Les enfants sont un peu attristés « C’est dommage de tout défaire » se désole Lou. Sa maman la rassure immédiatement « On en rachètera pour en faire à la maison« . L’atelier touche à sa fin, enfants et parents repartent main dans la main avec la sensation d’avoir vécu une jolie parenthèse.

Audrey Morard

 

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