Libourne-Bergerac : un monde sans train

Le tronçon Libourne-Bergerac nécessite des travaux de rénovation dont l’addition ne fait qu’augmenter pour les collectivités. Sans solution de financement, la ligne pourrait fermer dès le mois de mai 2019.

Les wagons de la ligne 26 pourraient rester à quais dans moins de deux ans.

 

Tous les soirs, Guillaume Dumas rejoint son domicile à Castillon, une des communes desservies par la fameuse ligne TER n°26. Il fait l’aller/retour pour se rendre dans les locaux des pompiers de Bordeaux pour lesquels il exerce le métier d’informaticien. « Je pars déjà très tôt le matin et sans train, je devrais partir encore plus tôt et je serais aussi rentré plus tard » s’inquiète-t-il. Au-delà des frais supplémentaires que l’utilisation de sa voiture engendreraient, il déplore une perte de temps considérable. Son trajet passerait de 45 minutes à 1h40 environ, à cause des bouchons bordelais.

Une note salée

La ligne Libourne-Bergerac est sérieusement en danger depuis la hausse inattendue du devis de la société ferroviaire pour remettre les rails au goût du jour. Cette rénovation est indispensable, selon SNCF Réseau, pour assurer la stabilité des trains Déjà en 2016, les collectivités territoriales se demandaient comment elles allaient pouvoir régler leur part, 6,75 millions d’euros, sur les 45 millions nécessaires. En juin 2017, cette addition a doublé. Il faudra 91 millions d’euros, selon la SNCF pour effectuer des travaux, et la répartition des frais entre la société ferroviaire, la région Nouvelle-Aquitaine ainsi que les communes, n’est pas encore décidée.

Des conséquences sur tout le territoire

La ville de Bergerac, qui perdrait énormément de son attractivité en cas de fermeture de la ligne ferroviaire, a lancé sa pétition en juin. Une pétition qui n’a récolté que 5784 soutiens à ce jour mais qui trouve un écho tout particulier, dès lors que l’on se déplace dans les gares.

Nombre d’étudiants effectuent le trajet régulièrement entre la capitale girondine et le lieu de résidence de leurs parents. Ils pourraient envisager le covoiturage, mais les places de parking manquent de plus en plus à Bordeaux. Le cas des lycéens qui se déplacent vers Bergerac est également une préoccupation. Certains parents, dans l’incapacité d’organiser leur emploi du temps seraient forcés d’inscrire leurs enfants à l’internat.

La fermeture de la ligne Libourne-Bergerac pourrait, à terme, redessiner la répartition de la population dans certaines zones du Périgord. De quoi motiver les collectivités territoriales à se battre pour faire baisser la note.

Lola Benne

 

 

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