Les balayeurs des glaces

Considéré pour beaucoup comme le « sport officiel des agents d’entretien », le curling est pourtant tout sauf une simple affaire de nettoyage. La France affiche même de très sérieuses ambitions sportives. A un peu moins de 3 mois du début des Jeux Olympiques de Vancouver au Canada, coup de projecteur sur ce sport méconnu en France où le balai est roi.

 

Curleurs russes frottant la glace

 

Eric Le Chanony, directeur technique national (DTN) en charge du curling est catégorique. L’équipe de France de curling vise une médaille aux J.O. de Vancouver en février prochain. « Les Canadiens semblent intouchables, parce qu’ils sont techniquement trop forts, mais derrière… Lors des 3 derniers championnats du monde, l’équipe a affiché de belles promesses. On peut espérer. » L’équipe de France va participer pour la 2ème fois aux J.O., après ceux de Salt Lake City en 2002, et à donc d’ors et déjà de l’ambition à revendre. Elle est intégralement constituée de l’équipe championne de France, Chamonix, autour de son capitaine Thomas Dufour.

Un jeu simple, un balai omniprésent

Pour expliquer les règles du jeu du curling, Alain Contat, président de la commission sportive nationale du curling français affirme que c’est « surtout un jeu d’adresse, de stratégie et de glisse. » 2 équipes de 4 curleurs s’affrontent. Le but du jeu est simple. Faire glisser une pierre de granit d’environ 20 kilos sur une piste de glace mesurant 42 mètres, de manière à ce qu’elle s’arrête au plus près d’une cible, appelée maison. Au terme de la manche, l’équipe qui compte une ou plusieurs pierres le plus proche du centre marque un nombre équivalent de points. Une rencontre se joue sur 8 voire 10 manches selon le type de compétition.

Et le balai dans tout cela? Il est utilisé pour chaque tir. 2 joueurs frottent vigoureusement la glace, modifiant ainsi la trajectoire ou augmentant la distance de la pierre. Un curleur ne peut pas jouer sans balai.

En France, le nombre de curleurs licenciés est de 300. Devant un chiffre si peu élevé, les perspectives de développement et de promotion semblent limitées. Alain Contat évoque ces difficultés : « On a expliqué à la fédé (ndlr fédération française des sports de glace) qu’il nous fallait une halle dédiée au curling. Nos meilleurs représentants sont dans l’obligation d’aller s’entrainer à l’étranger, et notamment en Suisse. Une médaille aux Jeux nous permettrait, je crois, de faire avancer les choses. » Il y a quand même un projet de construction d’une halle à Besançon qui part d’une initiative privée.

Un sport souvent méprisé

A la question « comment réagissent les curleurs lorsqu’on leur dit qu’ils font le métier des agents d’entretien », Alain Contat répond et avec le sourire que c’est la mauvaise blague habituelle. « De toute manière, on ne peut pas descendre plus bas depuis que l’on nous a dit que nous étions une bande de ménagères dégénérés sur congélateur géant. On ne se préoccupe pas de cela. » Emmener une équipe de France aux Jeux, avec simplement 300 licenciés, reste, à ses yeux une sacrée performance. Pour la médaille, il faudra balayer. Vite et bien. C’est la dure loi du curling.

VG

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