Lille retrouve son musée d’art moderne

Après quatre ans de fermeture, le musée d’art moderne de Lille métropole rouvre ses portes, agrandi d’un nouvel espace d’exposition. Il accueille une nouvelle collection d’œuvres unique en Europe. Découverte.

Vue LaM

© Max Lerouge

C’est blanc, c’est grand, c’est carré : c’est la nouvelle aile du musée d’art moderne de Lille Métropole. Le musée, en rénovation depuis quatre ans, est désormais rouvert au public. La raison de ce chantier: le don au musée d’une collection de 3500 œuvres tirées de l’art brut, comprenez des productions de personnes n’ayant aucun enseignement artistique (le palais du Facteur Cheval en est un parfait exemple). Le musée, trop petit pour accueillir cette nouvelle collection, a nécessité un agrandissement, et donc une fermeture temporaire.

<object width= »400″ height= »400″><param name= »allowFullScreen » value= »true » /><param name= »movie » value= »http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=032112642a »/>http://www.vuvox.com/collage_express/collage.swf?collageID=032112642a</object>

Greffe réussie

Un concours européen d’architectes est lancé en 2002 avec pour contrainte principale le respect du bâtiment actuel, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. En décembre de la même année, c’est Manuelle Gautrand qui est désignée pour réaliser le projet d’extension.

L’architecte propose un agrandissement qui englobe la façade Nord du musée, comme un nouvel organe que l’on aurait greffé sur le premier bâtiment. L’aile se déploie ensuite en cinq branches, toutes terminées par des motifs irréguliers percés dans le béton, comme une sorte de moucharabieh géant: une manière originale de protéger les œuvres de la lumière, à laquelle elles sont très sensibles.

Déambulation obligatoire

À l’intérieur, c’est surtout l’aspect général du bâtiment qui frappe: le blanc est partout, du sol au plafond. Les œuvres sont éclairées par des sources de lumière diffuses, les différentes branches créent des salles irrégulières, construites dans leur longueur, et qui donnent à l’espace un aspect labyrinthique. Impossible de déceler un semblant de sens de visite. Il faut se laisser déambuler au milieu des 400 œuvres exposées, renouvelées tous les quatre mois. On joue avec le bâtiment: certaines toiles sont cachées, placées dans de grands panneaux qu’il faut tirer hors des murs. Et au bout de chaque « doigt », des espaces proposent des films, des revues, des livres consultables sur place, le tout avec vue sur le parc, toujours à travers le motif de béton.

Espace Art Brut

L’agencement des salles invite à la déambulation plutôt qu’à une visite imposée. ©Bastien Deceuninck

Un public au rendez-vous

Mais ce qui surprend le plus, c’est le public: de tout âge, amateur d’art ou pas, qu’ils soient d’anciens habitués, ou des curieux simplement venus voir le nouvel espace d’exposition, tous sont heureux de retrouver « leur » musée. On croise des couples avec une poussette, des familles, des grands parents avec leurs petits-enfants, entre ceux qui écoutent attentivement les explications et ceux qui ponctuent chaque œuvre d’un « j’veux rentrer à la maison! ».  Le public est content de retrouver « son » musée et s’approprie ce nouvel espace avec beaucoup d’intérêt, et beaucoup de vie.

Bastien Deceuninck

Liens utiles:

Site du musée : http://www.musee-lam.fr/

Site de l’architecte: http://www.manuelle-gautrand.com/

One Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *