JSA Bordeaux : Après Diaw, le début d’une nouvelle histoire

Président depuis 2009, le basketteur international Boris Diaw a quitté le club en juin, lassé, après y avoir investi plus de 2 millions d’euros sans réels résultats.  Depuis son départ, les JSA Bordeaux attaquent une nouvelle ère avec l’ambition de retrouver l’élite du basket français.


Le 15 mars 2017, à ses 500.000 abonnés Twitter, Boris Diaw a fait une annonce qui a secoué le basket français. Dans un communiqué, l’ancien président des JSA (Jeunes Saint Augustin) Bordeaux Basket Métropole annonce qu’il se retire du club bordelais dans lequel il avait racheté deux tiers du capital en 2009.

« Mon soutien aux JSA Bordeaux Basket a été total durant ces huit dernières années. J’ai cru pouvoir porter un projet, mais je dois me rendre à l’évidence que tous les moyens et les efforts financiers apportés n’ont pu me permettre d’atteindre mes objectifs » annonce-t-il, avant de d’acter son départ. « C’est alors avec une grande déception que j’ai pris la décision d’arrêter au terme de la convention en cours avec l’association, soit au 30 juin 2017. »

Repéré par les JSA Bordeaux lorsqu’il avait 14 ans, le capitaine de l’équipe de France de basket avait décidé de donner temps et argent au club de son coeur. Devenu président en 2009, Boris Diaw avait même profité du lock-out NBA en 2011 pour faire une pige de six mois chez lui, en tant que joueur. Bordeaux était alors en Pro B, la deuxième division, et comptait dans ses rangs un homme qui pèse quatorze saisons en NBA, la ligue nord-américaine de basket considérée comme la meilleure au monde.

Six ans plus tard, lorsque Boris Diaw annonce son retrait du club, Bordeaux végète en Nationale 2, la quatrième division française. Une dégringolade qui s’explique, en partie, par des conflits entre dirigeants et des soucis financiers – Boris Diaw a investi plus de deux millions d’euros en huit ans.

« Je n’ai jamais vraiment pu trouver le relais de confiance sur place (…) peut-être qu’ils m’ont pris pour un con »

« Je n’ai jamais vraiment pu trouver le relais de confiance sur place (…) peut-être qu’ils m’ont pris pour un con » déclarait Boris Diaw, début octobre, au quotidien L’Equipe. En cause, principalement, un conflit avec l’encadrement sportif et notamment Eric Sarrazin, qui avait démissionné il y a un an, avant de revenir au club après le départ de Diaw.

Du neuf avec de l’ancien

Début juillet, à l’aube d’une troisième saison en N2, c’est une grande page qui s’est tournée. Une nouvelle structure professionnelle est créée, avec un nouvel encadrement à la tête duquel se trouve le président Eric Sarrazin.

« Comme Boris Diaw ne voulait pas continuer, j’ai présenté un projet à David Lacampagne, le président de l’association des JSA qui attribue les droits sportifs aux JSA Bordeaux Métropole » déclare Eric Sarrazin. « Le pré requis, c’était de ne pas reprendre le passif (Eric Sarrazin évoque les dettes que Boris Diaw a épongées avant de partir). Là, l’avantage c’est qu’on repart de zéro ».

Comme les meilleurs clubs français, les joueurs du JSA Bordeaux sont professionnels et s’entraînent tous les jours.

 

De zéro, et avec beaucoup de boulot. En arrivant, le nouveau président présente un projet ambitieux qui a pour but de ramener les JSA dans l’élite du basket national. « Nous devons retrouver la Pro B d’ici 3, 4 ou 5 ans. Avant, il faut monter le plus rapidement possible en N1. Mais tout ça ne se fera pas au détriment de l’équilibre budgétaire » explique le président Sarrazin.

« Actuellement, on compte 60 abonnés »

Avec un budget avoisinant les 550.000 euros, Bordeaux se donne les moyens de ses ambitions. A l’image d’un club professionnel, il s’est doté d’une cellule de recrutement, d’un directeur sportif et d’un responsable marketing. Avec un double objectif : convaincre les partenaires d’investir dans le club et le public de revenir au Palais des Sports, l’antre des JSA. « Actuellement, on compte 60 abonnés et un volant de partenaires » précise Eric Sarrazin, qui n’oublie pas que rien ne sera possible sans des résultats sportifs.

Huit joueurs professionnels, une masse salariale à hauteur de 60% du budget et donc une obligation de résultats. « Oui, on espère en avoir assez rapidement » annonce le président. Le début de saison, en tout cas, est prometteur. Avec cinq victoires pour deux défaites, les JSA Bordeaux Métropole effectuent un départ à la hauteur des attentes.

« Gagner le prochain match, ça veut dire gagner tous les matches »

Au Palais des Sports, le coach Joachim Duthé ruse. « L’objectif, c’est de gagner le prochain match. La montée ? Ça me paraît clair, gagner le prochain match, ça veut dire gagner tous les matches. Donc… » lâche-t-il, tout en distribuant ses conseils aux gaillards des JSA qui enchaînent les shoots.

Joachim Duthé, à droite, en discussion avec l’arrière Sami Driss de retour aux JSA après un passage par Pau-Orthez en Pro A notamment.

 

Pas de langue de bois, non plus, pour évoquer la situation de Bordeaux en N2. « Non, Bordeaux en N2 ça ne fait pas tâche. Regardez les clubs en Pro A, il y a peu de grandes villes. Nous sommes dans une grande ville, il y a donc la concurrence du football, du rugby. Forcément c’est plus difficile pour les subventions. Ce qui est regrettable, c’est que Bordeaux était en Pro B il y a cinq ans » souffle Joachim Duthé, qui était assistant-coach l’an dernier.

Le magnifique Palais des Sports, en tout cas, est déjà une bonne raison de s’enthousiasmer pour le basket à Bordeaux. Une salle de 2579 places, inaugurée il y a un an, et qui a coûté 6,5 millions. La preuve que Bordeaux aime le basket. « Ah oui, ça c’est clair. Il y a un public et une vraie culture basket à Bordeaux. » La balle est dans le camp de la bande à Duthé…

Paolo PHILIPPE

 

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