Plus qu’un simple Hangar en bois…

A l’occasion du festival « Art Chartrons » qui fête sa sixième édition du 4 au 14 au novembre, Francis Viguera ouvre aux visiteurs son atelier de la rue Vieillard, le « Hangar en bois ». Mais ce spécialiste des œuvres à base de matériaux de récupération acceuille aussi les œuvres de deux autres artistes, un photographe et un dessinateur, fascinés comme lui par la ville et les espaces urbains.


 

Une petite rue dans le quartier des Chartrons. Un vieux hangar en brique aux murs couverts de lierre. La porte est grande ouverte, des sculptures en bois d’inspiration africaine jalonnent l’allée. On entre, et on se retrouve aussitôt au milieu de la foule des curieux et des amateurs d’art.

Francis Viguera est le propriétaire légitime de ces lieux qu’il a prêté le temps d’une exposition. Cet atelier, qui accueille les jeunes artistes et a accompagné l’évolution de A

rt Chartrons, a été en partie vidé de ses collections habituelles. Mais c’est avec plaisir et passion que Viguera vous conduit dans l’arrière-salle pour vous montrer les trésors qu’il y entrepose. Fils de républicain espagnol athée, Viguera n’en convient pas moins une certaine fascination pour les œuvres religieuses. Utiliser les vieux matériaux pour en faire des œuvres d’art, comme ces retables sur le thème de la famille ou ces sortes de grands autels faits à base de cageots de fruits et légumes, c’est comme leur donner une seconde vie, leur accorder une forme de…résurrection.

Des trois artistes exposés ici, Eric Lefeuvre est celui qui a adopté la forme la plus classique, le croquis. Ses dessins, qui lui réclament plusieurs heures de travail, sont parfois fortement architecturés, d’un trait fin et d’une précision proche de la gravure. Parfois au contraire, le trait est gras et les dessins très expressifs effacent le paysage pour mettre plutôt en valeur les passants et non plus seulement les rues et les maisons. Il se dégage de ces esquisses une certaine mélancolie, encore renforcée par la technique utilisée tandis que les plans rapprochés sur les églises de Bordeaux ne sont pas sans rappeler les toiles de Monet et la cathédrale de Rouen.

« Sculpteur d’image »

Julien Diez, le plus jeune, se définit lui plutôt comme un « sculpteur d’image ». Cet ancien diplômé des Beaux-arts de Londres a pour domaine de prédilection l’espace public, l’urbanisme, les lieux et la façon dont les gens les occupent. Il a déjà réalisé des plans de ville distordus pour représenter la sociologie des quartiers. Ses photographies prennent pour cadre des cités HLM dans les environs de Bordeaux où les personnages et les habitants, par un subtil jeu de fondu-enchaîné, disparaissent de l’image pour remettre la ville dans l’optique du spectateur. Comme il l’explique lui-même, souvent, lorsqu’on entend le discours des habitants sur le quartier où ils vivent, ce sont souvent les mêmes phrases qui reviennent : « « C’est la faute du quartier si… », « Ce sont les tours qui poussent à… ». A force d’en parler, le quartier devient une personne à part entière, qui en vient presque à effacer les habitants eux-mêmes.

L’expérience s’est conclue par un « vernissage à rebours » le 10 novembre, alors que les oeuvres étaient déjà en place depuis le 4. Mais ceux qui seraient intéressés ont encore jusqu’au 14 novembre pour admirer les créations de Julien Diez, Francis Viguera et Eric Lefeuvre.

Julien Vallet.

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