Un Bordelais a participé au tournoi mondial de Counter Strike

Un étudiant de Bordeaux a défié le monde au tournoi du célèbre jeu d’armes, Counter Strike, à Paris. Pour sa première, il n’a pu rivaliser avec les meilleurs. 

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Théo Téchené, au premier plan, est en licence d’éco-gestion à Pessac. Il mêle ses études à sa passion, Counter Strike. © Pierre Barbin

 

Il n’a pu s’empêcher de retenir ses larmes. La compétition n’a commencé que depuis le début de la journée, que l’histoire s’arrête déjà là, en fin d’après-midi, pour l’équipe de Red Instinct et Théo Téchené, alias « Lowkii ». Eliminé en phase de poules du championnat ESWC, le jeune bordelais participait pour la première fois à un tournoi mondial de Counter Strike. Ce célèbre jeu d’armes en réseau est son quotidien depuis près de dix huit mois maintenant. « Mais j’ai commencé à y jouer en 2008. C’est un pote à moi qui me l’a fait découvrir. On jouait surtout pour s’amuser ».

"Lowkii" est le snipeur de l'équipe Red Instinct. L'objectif est avant tout de défendre ses coéquipiers face à l'attaque ennemie

« Lowkii » est le sniper de l’équipe Red Instinct. L’objectif est avant tout de défendre ses coéquipiers face à l’attaque ennemie. © Pierre Barbin

La dernière version du jeu, Counter Strike Global Offensive, sorti en 2012, se révèle être une révélation pour le bordelais. « C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à y jouer plus sérieusement », affirme Lowkii. Cinq jours par semaine, quatre heures durant, l’étudiant en licence 3 d’éco-gestion sur le campus de Pessac oublie son quotidien studieux, afin d’être uniquement concentré sur son écran d’ordinateur. « On s’oblige à avoir ce rythme, explique-t-il. C’est primordial si on veut garder le niveau dans ce jeu ».

« C’est un peu mon job étudiant. Si je n’avais pas ça, j’irais travailler à Mcdo »

Mais son statut l’y oblige également. Lowkii n’est plus un simple amateur du jeu vidéo. S’il y est venu uniquement par pur plaisir, Counter Strike prend une toute autre dimension désormais. Considéré aujourd’hui comme joueur semi-professionnel, Théo perçoit un revenu de la part de son équipe, Red Instinct, à hauteur de 300 € par mois. « A l’heure actuelle, c’est mon job étudiant. Si je n’avais pas ça, j’irais travailler à Mcdo pour me faire de l’argent ». La somme peut paraître conséquente pour un étudiant qui occupe vingt heures de son temps à tuer des terroristes sur son ordinateur. Le bordelais, lui, ne l’entend pas de cette oreille. « Ca me prend quand même pas mal de temps, je ne peux pas vivre avec cette somme. C’est uniquement de l’argent de poche ».

Ces jours-ci, une revalorisation de contrat était prévu par son équipe, à hauteur de 500 € mensuels. Mais la donne a changé depuis son élimination au tournoi. Lowkii a donc préféré quitter Red Instinct et rejoindre une nouvelle équipe. A l’heure actuelle, aucune structure ne s’est rapproché d’eux, afin de financer leur carrière dans Counter Strike. 

Jusqu’à 20.000$ pour les pros

Si les revenus perçus par Théo lors de son expérience chez Red Instinct, en plus des défraiements lors des tournois, ne lui ont pas permis de vivre de ce jeu, d’autres consacrent pleinement leur emploi du temps à Counter Strike. Reconnus comme professionnels, ils peuvent percevoir jusqu’à 20.000 dollars par mois pour les meilleurs d’entre eux. En France, seules quatre équipes offrent un salaire mensuel à leurs joueurs. La rémunération oscille entre 1000 et 2000 $ pour des équipes comme LDLC ou Millenium. 

Infographie Counter Strike

D’autres, comme G2 ou Envyus offrent plus de 10.000 $ par mois à leurs joueurs. Et ce sans compter les gains des tournois. Lors de l’ESWC, 25.000 $ était reversé à l’équipe victorieuse (voir infographie). D’autres épreuves majeures peuvent permettre aux gagnants de recevoir près de 100.000 dollars. Pour autant, le milieu du jeu vidéo tente de rester secret à ce sujet, le fait de percevoir un salaire pour jouer à un jeu vidéo reste tabou pour certains. Les moeurs françaises obligent à la discrétion lorsqu’il s’agit d’argent. La récente arrivée du PSG dans l’e-sport devrait engendrer une inflation massive des revenus des joueurs professionnels.

Pierre Barbin.

Le parcours en photo de Red Instinct et Lowkii lors du tournoi ESWC de Counter Strike à l’occasion de la Paris Games Week. (© Pierre Barbin)

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