CITICKS, le nouvel ami des étudiants

Le succès de Citicks est croissant depuis sa création en 2013. Petit pass destiné aux 18-35 ans, il promeut restos, bars, ou encore loisirs à coup de réductions alléchantes. Les commerçants en sont heureux, tandis que le portefeuille des jeunes y trouve son bonheur.

Citicks

Lors de la première visite à L’Oenolimit, la planche est achetée mais le verre est offert. [Crédit Photo : Yohann Dessalles]

« Je l’ai toujours dans mon sac ». Manon, étudiante en psychologie, ne parle ni de son stylo ni de son trousseau de clés, mais bien du pass Citicks. De couleurs « ferias », de forme éventail, cet objet d’à peine 6 millimètres d’épaisseur a déjà conquis 150 000 jeunes. Les voilà ainsi prêts à s’engouffrer dans 50 restos, bars ou salles de spectacles de Bordeaux pour profiter des réductions offertes par le pass… qui ne leur a couté que 5 euros.

Il y a donc de quoi se ruer sur Citicks, formidable produit de communication conçu en 2013 par l’agence Awam. Chaque année ses agents goûtent les plats, enchaînent les verres, cherchent commerces intéressés ou intéressants, et se mettent à négocier. « On indique à ces commerces que s’ils font une petite offre, alors les gens ne vont pas se déplacer », explique Jérémy Boudy, un des créateurs du pass. « Le but est de faire découvrir l’établissement, avec une belle offre exclusive puis une deuxième un peu plus basse ».

Car là réside toute la subtilité du pass. Sur chacun de ses feuillets s’y trouve la présentation d’un commerce avec les deux réductions que celui-ci propose. L’une concerne la première visite (« j’y vais »), l’autre est valable à chaque fois qu’on y remet les pieds (« j’y retourne »). Les jeunes les lisent attentivement tandis que les annonceurs se frottent les mains.

Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à vouloir une petite place dans Citicks, joli moyen pour se faire connaitre et fidéliser le client. Rien que sur le pass y figurent la localisation, la ligne de tram, une photo le mettant en valeur, ainsi que l’adresse internet de chacun d’eux. Certains commerces, « victimes de leur succès » selon Jérémy, arrêtent d’ailleurs de participer l’année suivante à cause du monde que cela leur ramène.

Citicks, rendre populaire ce qui est déjà populaire

Citicks fait donc son job du côté de ceux qui font le contenu. Mais faire en sorte qu’un maximum d’étudiants y trouvent leur compte est une tentative plus délicate. « La majorité des commerces ou restaurateurs, je les connaissais déjà… », remarque Manon.

Des endroits très populaires comme le pub HMS Victory, le restaurant Funky Burger font partie de la liste.  Tout comme les grandes firmes Domino’s, Subway ou le cinéma CGR Le Français. McDonald’s propose d’ailleurs une réduction sur un produit limité… qui n’est déjà plus valable.

Volonté de mélanger ces grandes enseignes aux « petites adresses sympas » selon le responsable d’Awam, l’effet reste à double tranchant : déception pour celui qui veut découvrir des lieux qu’il n’aurait pas déniché seul, joie pour celui qui fréquente régulièrement ces endroits.

Le pass peut donc mieux faire pour agrémenter son aspect ‘découverte’. D’autant que les commerces proposés se trouvent quasiment tous dans l’hypercentre de Bordeaux… Seulement les grandes chaines de restauration rapide ou les endroits mis dans la case « loisir » comme le magasin Cultura ou le cinéma Mégarama se situent un peu plus loin.

Beaucoup sont à proximité les uns des autres. Le Funky Burger, le pub Dick Turpin’s et le fish bar Hook’s se retrouvent par exemple dans la même rue.  « Ce sont des quartiers où je vais, donc ça m’arrange ! », explique Julien, 22 ans, détenteur du pass depuis l’année dernière. « Mais j’avoue que s’il y avait des lieux intéressants dans des quartiers inhabituels, ça pourrait m’inciter à aller découvrir ». Et à aider les commerces situés plus loin. Car la probabilité que les établissements nichés dans les quartiers fréquentés n’aient pas besoin d’un tel pass pour se faire connaitre (et pour vivre !) est logiquement plus forte… Contrairement aux autres pour qui le pass serait un vrai atout.

Quels sont les établissements ?

Restauration

types établissements CITICKS

Bars

Loisirs

types établissements CITICKS

Bars à vins, à tapas ou à cocktails… Citicks tape beaucoup sur ces endroits souvent chics que les étudiants ne fréquentent pas forcément, même si les réductions peuvent permettre d’y faire un tour. « De toute façon, je vois mal les créateurs du pass mettre un kebab !, ça coûte tellement peu cher que ce serait peu pertinent d’y faire une réduc’… » explique Julien. « Par contre, par rapport à l’année dernière, ça manque clairement de restos asiats’».

Jérémy Boudy, l’un des fondateurs de Citicks, explique cette absence par le fait que l’offre globale change à chaque nouvelle édition pour ne pas ennuyer ses détenteurs. Si les nems manquent cette année, ils seront peut-être présents la prochaine fois.

Un produit vite rentabilisé

Les pubs, grands classiques de la vie étudiante, font compensation. Beaucoup offrent le même verre que l’on vient d’acheter. Avec Citicks, il faut donc se la jouer collectif. « Avec mes potes, l’un achète un verre et celui qui est offert va à l’autre. Puis on se renvoie la chandelle plus tard dans la soirée », explique Jérémy. Pour Manon, « Quand un même verre ou une même place de cinéma est offert, on fait moitié-moitié sur la place achetée avec ma pote, ça nous revient moins cher ainsi ».

Les bienfaits pour le portefeuille se ressentent vite, avec un retour sur investissement également rapide. « Nous sommes conscients de cela », dévoile le représentant d’Awam Jérémy Boudy. « On ne voulait pas faire un pass à 40 balles ! On a quitté les cours il y a 5 ans, on sait qu’un budget étudiant est serré. Donc 5 euros, c’est bien… ça reste bon esprit. Même si certains jeunes disent que c’est encore, hélas, trop cher pour eux ». L’étudiant doit dépenser au minimum 8 euros avant d’accéder à la fameuse réduction « j’y vais ». Celle-ci représente environ 4 euros et 22 centimes.

A peine l’étudiant a donc acheté sa planche de saucisson (en moyenne 7-10 euros) qu’il rentabilise Citicks, puisque son verre de pinard qui l’accompagne (entre 3 et 6 euros) lui sera offert. S’il sort beaucoup, son porte-monnaie restera un peu plus rempli qu’il ne l’aurait été sans le pass. Au lieu d’acheter les tapas et le verre, ce dernier est offert. Mais là encore, il faut bien attention à certaines propositions. Pour certains commerces dont le fameux Starburcks, celles-ci ne sont possibles que sur une petite sélection de boissons.

Pour Manon, « Citicks, c’est surtout pour donner des idées et des occasions de sorties … grâce à lui, mon agenda de sorties est tout prêt ! ». Encore faut-il en avoir envie. « J’avoue qu’au début, on veut tester tout le pass. Ca s’estompe au fil du temps… Mais j’m’en fous, je l’ai déjà rentabilisé, alors… ».

Yohann Dessalles

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