Bordeaux sans ma voiture 

Du 17 septembre au 20 octobre, cinquante deux Bordelais participent à l’opération Sans ma voiture. Objectif : se passer de sa voiture pendant un mois pour découvrir les modes de transports alternatifs à la voiture personnelle. 

Maud se déplace dans Bordeaux à pied et en Tramway, comme elle le fait au quotidien. Crédit photo : Emeline Paillasseur

Il fait encore nuit à 7h30 quand Maud, 37 ans, sort de son immeuble dans une résidence calme de Mérignac. Comme tous le matins elle se rend à six kilomètres de chez elle, sur l’autre rive de la Garonne où se trouve son lieu de travail. Depuis le 17 septembre elle participe à l’opération Sans ma voiture à l’initiative de Bordeaux Métropole. Comme les 51 autres participants elle a accepté de laisser sa voiture dans un parking sécurisé pour un mois afin de profiter en échange d’un « kit mobilité » mis à sa disposition. Selon Nina Pierquet, chargée de l’opération Sans ma voiture pour la métropole, le but principal de l’opération est de « donner les clés pour tester de nouveaux modes de transports ».

Aménagements pour cyclistes, fermeture du Pont de pierre à la circulation, développement du réseau TBM, la métropole Bordelaise cherche à renouveler les modes de transports urbains. Une ville moins polluée et moins encombrée de voiture : c’est l’objectif d’Alain Juppé. Quel moyen innovant Maud a-t’elle donc choisi pour se rendre sur son lieu de travail ? Le tram. Comme elle le fait tous les jours.

Laisser sa voiture au garage … quand on ne l’utilise jamais 

Chargée d’affaire environnement, elle est déjà très sensibilisée aux moyens de transports doux et n’utilise sa voiture qu’occasionnellement, pour faire ses courses où partir en week end. Pas de grand bouleversement pour elle. Mais alors pourquoi participer à l’opération ? C’est un moyen de « découvrir les partenaires et les alternatives proposées sur la ville de Bordeaux. » En contrepartie de son engagement elle profite donc pendant un mois de la prise en charge totale de son abonnement TBM ainsi que de 50€ de crédit pour la location de voiture de courte durée, d’un abonnement annuel à Bluecub pour la location de voiture électrique, d’une découverte gratuite de l’application de location de voiture de particulier Koolicar et de la mise en sécurité de sa voiture dans un parking Parcub pendant toute la durée de l’opération.

Le kit mobilité remis à tous les participants propose également la mise à disposition d’un vélo, par La Maison du vélo de Bordeaux ainsi que d’un partenariat avec Pigeon Occasion, pour ceux qui souhaiteraient faire estimer leur voiture dans l’objectif de la revendre à terme.

Maud a eu connaissance du mois sans voiture sur Facebook. Après en avoir parlé à son compagnon, avec qui elle partage l’utilisation de sa voiture, elle a décidé de se lancer dans l’aventure début septembre. Le dimanche 17 elle a déposé sa voiture dans le parking indiqué par l’organisation et s’est vu remettre son kit mobilité en échange de ses clés. Un moyen pour Nina Pierquet de s’assurer que les participants « jouent vraiment le jeu » et s’impliquent pleinement dans le challenge. Pourtant certains ne s’engagent pas à 100% et il leur est bien sur possible de récupérer leur véhicule s’ils le demandent. Après moins de deux semaines d’aventure un participant a d’ailleurs abandonné le challenge. Il avait besoin de sa voiture pour partir profiter des bonnes vagues de l’automne et surfer sur la côte. Un nouveau signe que les participants ne sont pas tous à 100% dans leur engagement.

19h, à Stalingrad. Le tram est bondé : ce soir Maud fera une partie du trajet à pied.       Crédit photo : Emeline Paillasseur

 Une opération en demi-teinte 

C’est la deuxième opération Sans ma voiture à Bordeaux en quelques mois seulement. La première a eu lieu du 31 mai au 30 juin. Elle avait réunit 57 participants soit cinq de plus que pour l’édition de cette rentrée alors que la métropole avait tablé sur 70 places. Un chiffre dérisoire à l’échelle des près de 750 000 habitants des 28 communes de la métropole.

Si l’opération Sans ma voiture mobilise si peu de personnes c’est parce qu’elle a souffert, avant même son lancement, d’un important déficit de notoriété auprès du public bordelais. Noyé dans la masse de communication autour de la semaine de la mobilité, l’évènement est passé à la trappe. De plus, la métropole n’a jamais eu vocation a en faire une mobilisation massive puisque seulement 70 places étaient prévues. Les participants sont censés servir de vecteur d’information et se faire les ambassadeurs de Sans ma voiture. sauf que, si à l’instar de Maud, la plupart des participants n’utilisent déjà que peu leur véhicule, ils ne parlent pas plus que ça avec leur entourage du challenge. Et donc l’opération reste méconnue. C’est un peu le serpent qui se mord la queue…

À l’issue de l’opération, seuls deux participants de Sans ma voiture sont déjà convaincus de revendre leur véhicule. Maud, elle n’envisage pas pour le moment de se débarrasser du sien, même si elle reconnait être aujourd’hui plus sensible aux moyens de transports alternatifs, comme Koolicar, un site de location de voiture entre particuliers.

Pendant tout le mois ses habitudes n’ont pas vraiment changé, mis à part sa fréquentation moins assidue de son grand hypermarché habituel. Elle a du se rendre dans une plus petite surface, puisqu’en terme de logistique il aurait été plus compliqué de ramener tous ses achats en tram. « Du coup on ne mange pas tout à fait les mêmes produits, c’est pas les mêmes marques ». Sacré bouleversement !

Emeline Paillasseur 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *