Badminton : deux Talençais aux Internationaux de France 2016

Jeu set et match! Yaelle Hoyaux et Lucas Claerbout, les deux prodiges de l’US Talence badminton, se sont fait éliminer dès le premier jour des Internationaux de France 2016 à Paris. Mais ils se sont vaillamment battus pour défendre les couleurs de leur club, qui les a formés et propulsés au plus haut niveau. Reportage sur leurs parcours et la relation de ces joueurs avec leur club de coeur.

Yaelle Hoyaux Badminton 1

A seulement 18 ans, Yaelle Hoyaux est 222e mondiale. Double championne de France jeune, elle gagne son premier tour aux championnats d’Europe senior alors qu’elle est encore en junior. Pour atteindre un tel niveau, la jeune Talençaise débute le badminton à l’âge de 8 ans.

Yaelle Hoyaux Badminton 2

La jeune badiste s’entraîne cinq heures par jour au réputé INSEP de Paris, où elle suit en parallèle une licence de psychologie par internet avec l’Université de Toulouse. Autant dire que son emploi du temps est plutôt chargé. Sans compter les compétitions qu’elle enchaîne.

« Je suis confiante, je me suis bien préparée »

Le 25 octobre à la Porte de Saint-Cloud à Paris, la badiste Talençaise passe le premier tour des qualifications par forfait. Le tournoi ne commence vraiment pour elle qu’au second tour, lorsqu’elle affronte en 16e de finale une autre française ; Perrine Le Buhanic, son aînée dans la discipline. Celle-ci s’impose en trois sets après 49 minutes de jeu. Yaelle Hoyaux s’est bien battue.

« C’était une adversaire à sa portée », déclare Hugo Claerbout, son entraîneur. « Yaelle est en manque de confiance en ce moment, mais c’est normal, c’est un sport à maturité lente. Elle a une grosse couverture de terrain mais doit encore travailler l’attaque ». Alors, la jeune championne est repartie à l’entraînement afin de performer à la prochaine compétition. Tout comme son coéquipier et ami, Lucas Claerbout, qu’elle qualifie de « bout-en-train ».

Lucas Claerbout Badminton 1

A 23 ans, ce fan de Raphaël Nadal occupe la 72e place du classement mondial. Né à Bordeaux, lui aussi a commencé le badminton à seulement 8 ans à l’US Talence, son club de coeur, dont il est le meilleur joueur. Son frère, Hugo Claerbout, confie que « le club a évolué au même rythme que Lucas ».

Lucas Claerbout Badminton 2

« C’est lui qui a donné plus de visibilité au club » selon son frère. C’est compréhensible, au vu du palmarès du jeune champion : médaillé d’argent aux Championnats d’Europe par équipe masculine en 2016 et finaliste aux Championnats de France en Simple Hommes en 2014 et 2016.

« A ce niveau là, tu redoutes un peu tout le monde »

Lucas Claerbout entre sur le terrain. Face à lui, le jeune joueur indonésien Anthony Sinisuka Ginting, 39e mondial. C’est ce dernier qui remporte le match en deux sets secs et quarante-cinq minutes de jeu. C’est la douche froide pour le tricolore. Quant à son adversaire, il poursuit la compétition et ira jusqu’en quart de finale.

Ce sont les joueurs asiatiques qui monopolisent la tête du classement mondial dans le badminton. « Ils commencent tous à l’âge de trois-quatre ans, c’est comme le football en Europe », déclare Hugo Claerbout. Mais cela ne décourage pas son frère Lucas. Pour lui, s’il en est là c’est grâce à son père et son frère ; « ce sont nos victoires et nos défaites ». Il continue donc sa tournée internationale et sera bientôt de retour à Talence, dans son club, pour prendre un peu de repos et voir ses proches.

Retour sur les matchs des deux tricolores aux Internationaux de France Yonex, souvent considérés comme étant le « Rolland Garros du badminton ». Ils font partie des BWF Super Series, soit les 12 plus grands tournois internationaux.

« Tous les bons joueurs d’Aquitaine sont de Talence »

Au stade Pierre de Coubertin de Talence, les entraînements sont intenses pour l’équipe du club. Le jeudi soir, c’est celui des badistes niveau national. « Sur les huit joueurs du Creps, cinq viennent de Talence ». Le club mise surtout sur la jeunesse, la preuve en est la mise en place, il y’a trois ans, de cours pour les plus jeunes afin qu’ils puissent ensuite s’entraîner au Creps, juste à côté. C’est cette formation que Yaelle Hoyaux a suivi.

« C’est une joueuse déterminée », selon Camille Benetreau, 15 ans, jeune badiste Talençaise. Amie de Yaelle Hoyaux, elle emprunte le même chemin et suit une formation au Creps depuis trois ans. « Ma première année de compétition, je n’ai pas gagné un seul set ». Cette originaire de Villenave-d’Ornon s’entraîne aujourd’hui quinze heures par semaine pour atteindre le même niveau que son aînée. « On était dans le même lycée, quand je suis rentrée au pôle espoir, elle était déjà au pôle France ».

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L’équipe du jeudi 10 novembre ; ce soir, c’est la séance pour les joueurs niveau national, une séance assez light car les badistes ont tous un match en compétition le lendemain.

« On était encore en division nationale dans les années 2000 »

L’US Talence forme aujourd’hui l’élite de la région ; « c’est parce qu’on suit nos joueurs de très près, depuis le plus jeune âge, et quand ils deviennent pro, ils nous le rendent bien en nous donnant plus de visibilité ». A l’avenir, Hugo Claerbout verrait même le club devenir, pourquoi pas, une académie du badminton. Ce serait selon lui, un bon moyen de promouvoir le sport dans la région.

D’après les deux champions, l’entraîneur du club et les autres joueurs, le badminton n’apparaît pas assez dans le monde du sport. « Même si ça se démocratise pas mal, on arrive à un stade où il faut encore plus gagner pour attirer l’attention. Pour moi, ça passera par les résultats », livre Lucas Claerbout. Pour Yaelle Hoyaux, « on est trop sous-médiatisé, il faut convaincre les médias qu’on en vaut la peine, c’est à nous de nous faire connaître ».

Immersion au sein d’une séance d’entraînement du jeudi au soir à l’US Talence. Tout le monde s’entraîne dur pour performer aux compétitions. Le lendemain, certains d’entre eux jouent un match national pour le club.

Joueur badminton

Au début de la séance, ce badiste attend les instructions de l’entraîneur.

Un sport au succès silencieux

Plus de 230 millions d’adeptes dans le monde et une place aux Jeux-Olympiques depuis 1992, le badminton  est surtout regardé en Asie. Pourtant, du côté de l’hexagone, selon les chiffres de la Fédération Française de Badminton (FFBAD), il est le deuxième sport de raquette derrière le tennis avec plus de 186 000 licenciés. Et 35,9% d’entre eux ont moins de dix-huit ans car « le bad est le sport à la mode chez les jeunes », selon Richard Remaud, président de la FFBAD.

Des règles simples, une activité ludique et physique et une croissance de 100% depuis 2005. Le badminton semble être en bonne santé. Cependant, son étiquette trop « scolaire » lui colle à la raquette, et le rend moins attrayant. Ce n’est pas de l’avis des internationaux français, comme Yaelle Hoyaux et Lucas Claerbout, qui défendent les valeurs de leur sport, et les couleurs de leur club.

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Ulysse Cailloux.

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